La Belgique inquiéterait-elle les trésoriers américains?

La Belgique reste le 3e détenteur mondial de bons du Trésor américain pour le 4e mois consécutif, ressort-il des statistiques publiées ce lundi par l’administration financière de Washington. Au total, 366,4 milliards de dollars* de titres de dette US dormaient sur des comptes belges en avril dernier.

Mouvement notable, pour la première fois depuis août 2013, la tendance s’est inversée. Le montant attribué à notre petit pays a décrit une baisse de 15 milliards sur le mois observé. Depuis le début de l’année, la position de la Belgique dans la compta de l’Oncle Sam n’augmente donc plus « que » de 18%, contre 23% fin mars.

En rythme annuel, la montée en puissance des Belges comme créanciers des États-Unis n’en donne pas moins le vertige: +97,5%! Soit l’afflux de 180 milliards de dollars de Treasuries sur notre sol.

La Belgique ose ainsi tutoyer la Chine (1.263 milliards USD) et le Japon (1.209 milliards) depuis la dernière marche du podium international. Place traditionnellement occupée les îles Caraïbes (308 milliards) ou l’Opep (256 milliards).

Face à cette donnée surréaliste, le Trésor américain se montre avare en explications. Un mutisme qui laisse le champ libre à toutes sortes de spéculations, des plus plausibles (esquive de Moscou ou double langage de Pékin) aux plus poussives (« untapering » de la Fed ou croisade secrète de la BCE contre le billet vert).

Seule certitude: les argentiers d’Obama suivent avec gravité les rebondissements de cette blague belge. Pour preuve, le département du Trésor américain planche sur une extension des règles de notification.

« Rule the world »

Les trésoriers américains viennent de proposer un nouveau cadre réglementaire pour les positions de dette, à savoir la déclaration de tout montant égal ou supérieur à 10% des titres du Trésor en circulation.

Washington désire ainsi affiner ses données sur les détenteurs étrangers les plus imposants: gouvernements, banques centrales et autres institutions financières jusqu’alors exclus des normes de reporting. Un aveu de faiblesse? Un sursaut de bon sens? Cela démontre en tout cas la difficulté qu’éprouve le Trésor américain, sinon à gérer 12.000 milliards de dette, à assurer la traçabilité de ses actifs.

Difficulté exacerbée chaque mois par l’apparition d’une Belgique haut placée dans le listing des créanciers internationaux. Une position gonflée par ces grands investisseurs qui se sont en quelque sorte tous domiciliés à une seule et même adresse belge°. Heureusement, tous des acheteurs compulsifs de dette américaine.

Sauf si le recul enregistré en avril se reproduit le mois prochain. Ou s’accentue au fil de l’année. Car ces détenteurs planqués en Belgique pourraient naturellement opérer une vente massive de titres… sans que le Trésor US n’en connaisse la véritable origine.

To be continued…

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*Remarque
Chaque belge ne détient pas 33.310 dollars de bons du Trésor américain. Ces 336 milliards appartiennent principalement aux clients d’Euroclear, un dépositaire central de titres établi à Bruxelles. Washington assume le biais statistique et étiquette ces avoirs comme belges. Lire l’article « Belgium, l’improbable créancier de l’Oncle Sam ».

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