Le bug a laissé les candidats sans voix

 

L’erreur informatique survenue lors des dernières élections n’a aucun impact sur la distribution des sièges entre partis politiques, s’est moralement dédouané le SPF Intérieur. En revanche, le rapport d’expertise indique que le bug a faussé la répartition entre candidats d’une même liste.

Nos manuels d’histoire politique retiendront du 25 mai dernier la consécration de la N-VA au nord du pays et l’émergence du PTB en Wallonie. Mais cette date restera sans doute ancrée dans nos mémoires comme celle du « bug des élections ». Autrement dit, la perte de 2.250 votes informatiques.

La faute à pas de chance. Le logiciel dernier cri (Jites ©1994, Stésud) n’avait pas prévu qu’un électeur puisse changer d’avis. Outre l’arrivée tardive des résultats officiels, cela a donné lieu à la vérification « la plus difficile depuis la première désignation par les assemblées parlementaires, en 1999, d’un Collège d’experts chargés du contrôle du vote automatisé », insiste le rapport de ces fameux experts. La disparition de deux mille bulletins virtuels ne représente pourtant qu’un problème mineur au vu des 21 millions de votes émis électroniquement (0,01%).

Un bug sans impact, se dédouane même le SPF Intérieur, puisque sans influence sur la répartition des sièges entre partis. Un couac sans importance puisqu’il n’a créé des inégalités qu’entre candidats d’une même liste. Le rapport d’experts signale en effet qu’un siège de parlementaire bruxellois se jouait « à 10 voix près » sur la liste PS, contre « 37 voix près pour la circonscription de Bruxelles » à la Chambre.

Ces chiffres sont donnés à titre d’exemple car ni le service public fédéral, ni le Collège d’experts, n’a « procédé à un examen exhaustif » pour les colistiers aux nombres de voix de préférence assez proches.

C’est peu dire, l’expérience a jeté une ombre sur la fiabilité du vote électronique en particulier, et sur la régularité du scrutin belge en général. La ministre Milquet et le SPF Intérieur devront d’ailleurs en répondre devant les députés fédéraux, le jour où les Commissions parlementaires seront formées.

Il faut néanmoins reconnaître une certaine vertu à ce bug informatique: il a permis de mesurer la volatilité réelle de l’électeur. Sur un petit échantillon certes, mais sans le biais habituel des sondages.

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