Les oublis assumés du cadastre des médecins

cadastre confidentiel zoom

Le monde médical dispose désormais d’un monitoring plus précis de sa force de travail. Le fameux cadastre enrichi des données Inami brosse enfin le profil d’activité de nos médecins. Mais, abstraction faite de plusieurs variables, ce rapport intermédiaire ne reflète pas encore fidèlement la pratique réelle.

Pour organiser judicieusement l’offre médicale des prochaines années, la logique impose une connaissance exacte des réalités du terrain, reposant sur la représentation correcte des forces vives. Or, dans sa version intermédiaire, le « cadastre amélioré » fait toujours l’impasse sur des paramètres essentiels.

Citons la répartition géographique des médecins, ne serait-ce que par province. La Commission de planification publie déjà ce genre de données dans ses statistiques annuelles, prenant soin tout de même de souligner qu’elles ne sont souvent ni récentes, ni fiables.

cadastre amélioré intermédiaire évolution force travail spé médicaleÉtonnant, ensuite, de ne pas retrouver la variable « nationalité ». L’actuel débat de l’insuffisance des numéros Inami a orienté l’opinion publique contre la libre circulation européenne des travailleurs et ces étrangers volant les places des médecins belges. Impossible pourtant d’extrapoler l’activité étrangère, note le rapport, parce que « le nombre croissant de reconnaissances de diplôme étranger constitue un phénomène récent ». 

Parallèlement, les rapporteurs concèdent que le nombre de candidats et de médecins de nationalité étrangère a fortement augmenté mais que rien ne permet de déterminer si ces personnes mèneront la totalité de leur carrière sur le marché du travail belge.

De ce fait, les tableaux censés distinguer les entrants selon la nationalité restent vides. « Dans l’attente de l’avis du comité sectoriel de la commission de la protection de la vie privée », explique le document.

Notons aussi que la croissance démographique et le vieillissement de la population n’entrent pas non plus en ligne de compte. La cellule Planification n’établit aucun lien avec l’évolution de la demande d’aide médicale de patients plus nombreux et plus âgés alors que celle-ci peut évidemment générer des mouvements entre les spécialités.

Le modèle de planification fait en outre abstraction des échecs ou des abandons, ou encore de la mortalité. Autant de soustractions oubliées provoquent une faible « surestimation du stock ».

Toutes ces variables devraient idéalement affiner les statistiques. Mais c’est toute l’ironie de ce dossier. Imaginé dès l’instauration du numerus clausus en 1997, promis par Onkelinx en 2009, ce cadastre reste l’arlésienne que tout le monde s’étonne encore de ne jamais voir arriver. À l’heure où le SPF annonce son « officialisation imminente », le document exhibe des lacunes déconcertantes. La version finale palliera-t-elle ces manques? Tous l’attendent avec impatience.

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Analyse complète à lire dans le Journal du médecin de ce vendredi 14 novembre

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