Le premier généraliste promu doyen d’une fac de médecine francophone

Rentrée académique originale pour Marco Schetgen. À 62 ans, le généraliste de Linkebeek est désormais le premier de la profession à diriger une faculté de médecine francophone. Le nouveau doyen de l’ULB se réjouit de cette « marque de confiance et de la reconnaissance symbolique pour la médecine générale, véritablement considérée ainsi comme une matière à part entière ». Mais, pas le temps de rêvasser sur ses lauriers, le paysage universitaire recèle de vastes chantiers.

Dès ce lundi 14 septembre, le Dr Schetgen n’accueillera plus ses patients de la périphérie bruxelloise que sur rendez-vous. Le généraliste a dû réorganiser sa pratique afin de pouvoir jongler avec ses multiples casquettes. Néanmoins, il connait déjà assez bien cette gymnastique après quatre années passées à seconder son prédécesseur, le Pr Yvon Englert.

Marco Schetgen estime d’ailleurs avoir de la chance sur le plan organisationnel avec la nouvelle réforme de l’université. Il peut dorénavant s’associer avec trois vice-doyens, et non plus un seul uniquement. « En plus de la vice-doyenne élue, puisque c’est une femme, ce qui me ravit (rires), il y aura deux vice-doyens de fonction que j’ai nommé et que le conseil facultaire a approuvé ».

C’est ainsi que le Pr Georges Casimir, l’actuel directeur général médical de l’hôpital des enfants Reine Fabiola (Huderf), se chargera de l’enseignement tandis que le Pr Elie Cogan, chef de service de médecine interne au CHU Erasme et doyen sortant de 2007, s’occupera des affaires hospitalières et du master en spécialisation. Quant à la vice-doyenne, il s’agit du Pr Joanne Rasschaert, la directrice du département de biochimie.

Aux moins trois grands défis

Schetgen Bio ExpressLa nouvelle équipée facultaire n’aura pas le loisir de s’ennuyer vu qu’elle tombe dans une période relativement mouvementée. Au moins trois challenges se sont imposés à très court terme. « Le premier défi n’est autre que ce qu’on appelle la double cohorte (le cursus étant passé de 7 à 6 ans), puisque dès cette année-ci, la nouvelle cohorte entre en master et il va dès lors falloir gérer les stages dans les hôpitaux des deux cohortes en même temps. Ce n’est bien sûr pas évident », indique le nouveau doyen.

Ensuite, le décret Paysage du ministre wallon Jean-Claude Marcourt, commencé l’année passée avec les premiers bacheliers, va s’étendre à l’ensemble des années. « Cela change tout de même très fondamentalement la manière de fonctionner à la fois des enseignants et des étudiants. Cela comporte des éléments positifs comme l’idée de réunir des matières dans des unités d’enseignement et la volonté d’avoir plus de transversalité. C’est assez logique ».

Prenons l’exemple du cours de neuro-anatomie, avec l’anatomie du cerveau, et du cours de neurophysiologie avec le fonctionnement du cerveau. On sait très bien que lorsqu’on étudie l’anatomie du cerveau, on est obligé de voir le mode de fonctionnement, et vice versa. « Donc essayer que ces enseignants fassent quelque chose de cohérent, ne répètent pas les mêmes choses, mais en même temps se complètent, c’est une bonne chose », assure le Pr Schetgen.

Vient enfin le concours de sélection en fin de première médecine et dentisterie du même ministre wallon. Sur ce point, le doyen ulbiste n’a pas décidé de changer de position. « Si le ministre me demande mon avis, je défendrai l’examen d’entrée, avec année propédeutique ».

Gestion des troupes

Autrement dit, la refonte de l’enseignement supérieur semble poursuivre des objectifs positifs, mais l’aspect administratif se révèle particulièrement complexe. Un bête exemple : les horaires. Avec les fameuses « unités », les étudiants n’auront plus les cours en même temps. « Ce ne sera pas possible que tout le monde aille au cours. On va réfléchir par bloc, mais plusieurs auront des blocs 2 ou 3 en même temps, c’est insoluble sinon. On doit donc être imaginatif au niveau pédagogique, en travaillant beaucoup plus avec l’université virtuelle, avec des podcasts, avec les classes inversées. Vous dites à vos étudiants ‘voilà, vous étudiez les chapitres 1 et 2 et vendredi matin, pendant trois heures, vous pouvez m’interroger sur tout ce que vous n’avez pas compris’. Cela devient beaucoup plus interactif mais cela demande de la discipline de la part de l’étudiant », précise Marco Schetgen. Et une certaine discipline de la faculté, qui a prévu d’engager un psychopédagogue pour venir en aide aux étudiants et aux enseignants face à ces nouvelles difficultés.

Autant de « big dossiers » auxquels viennent s’ajouter de tout aussi imposants projets hospitaliers puisque l’ULB a entrepris d’élargir son réseau, pour des raisons de places de stage notamment, vers le Hainaut, vers Namur, etc. Sans oublier le rapprochement des hôpitaux Iris et de l’hôpital académique Erasme ; l’arrivée de Bordet sur le site d’Anderlecht, le nouvel hôpital, de nouveaux auditoires sur le pôle santé. Bref, « une nouvelle fonction absolument motivante. Ce ne sera pas la routine, il y a de réels défis à relever », trépigne le doyen Schetgen.

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⌈Extrait augmenté du Journal du médecin de ce vendredi 11 septembre 2015, p.12⌋

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