De Block a débordé le gouvernement

Contrarié par le rejet inédit du budget des soins pour 2016, Charles Michel avait indiqué qu’aucune décision ne serait prise avant le Conseil des ministres de vendredi. C’était sans compter sur la proactivité de sa ministre de la Santé qui a annoncé ce jeudi un accord… du gouvernement. Passant outre les partenaires sociaux et ses collègues fédéraux.

Surréalisme belge. Nouvel acte. Budget santé. L’opposition parlementaire a attaqué en règle les mesures gouvernementales mercredi, en récupérant à son compte le rejet du budget des soins de santé 2016 par le Conseil général de l’Inami. Le Premier ministre a alors annoncé qu’une discussion serait menée sur cette problématique peu fréquente en Conseil des ministres ce vendredi 16 octobre.

« Nous allons analyser la situation ainsi que les raisons principales pour lesquelles ce budget n’a pas pu être adopté. Après le Conseil des ministres, nous pourrons communiquer au parlement les décisions prises à ce sujet. Vous connaissez la procédure légale en la matière. Non seulement nous respecterons cette procédure mais nous veillerons à faire en sorte que ce budget des soins de santé puisse être validé », a détaillé Charles Michel.

Le réformateur a d’ailleurs tenu à préciser que dans la proposition de budget faite par le fédéral à l’Inami, il y avait pour plus de 160 millions d’euros de nouvelles mesures, afin de garantir l’accès à des soins de qualité. Ce montant permettrait notamment la mise sur pied d’initiatives pour les enfants atteints de maladies psychiatriques, davantage d’efforts pour les maladies chroniques et la consolidation du Plan Cancer, a insisté le Premier libéral, dans une tentative de réconciliation avec ses détracteurs.

Bref, le gouvernement s’est engagé par la voix de son chef à prendre le temps de décrypter le refus du budhet au niveau de l’Inami, avant de revenir en discuter à la Chambre…

En ordre ?

Surprise ce jeudi matin. Maggie De Block a envoyé un communiqué intitulé « Budget des soins de santé 2016 en ordre » dans lequel elle officialise la trajectoire financière. Elle y annonce un « accord trouvé par le gouvernement » qui permettra dès l’année prochaine « à la facture du patient de baisser de 18 millions d’euros ». Et cela, malgré plus de 400 millions d’euros d’assainissement sur un montant de 23,6 milliards. « Assainir là où c’est possible pour pouvoir investir là où c’est nécessaire », résume la ministre de la Santé publique, tout en affirmant se concerter « avec les secteurs concernés ».

mdb-budget-2016

Mauvaise surprise pour les députés fédéraux donc. Ils ont une fois de plus appris dans la presse une « décision forte » d’un gouvernement dont le Premier ministre déclarait pas plus tard que la veille privilégier les négociations. «  Il n’aura pas fallu vingt-quatre heures pour que vous reveniez sur votre engagement d’hier », a dénoncé le groupe cdH.

En désaccord

Pour se défendre, Charles Michel a d’abord estimé que les propos qu’il avait tenu la veille « devant quelques témoins » de la Chambre avaient été déformés. Puis il a jugé plus constructif de répéter qu’il n’y avait pas eu de réunion du gouvernement ce jeudi matin. N’accordant vraisemblablement aucune valeur au communiqué de sa ministre de la Santé, repris entre-temps par tous les sites d’info, le libéral francophone a même voulu enfoncé le clou in het Nederlands : « nous n’avons pas eu de Conseil des ministres ce matin. Nous avons ce Conseil vendredi, comme chaque semaine. Ce point est à l’ordre du jour. Une décision sur ce point sera prise vendredi », a persisté le Premier.

En réaction, le groupe PS a émis le souhait de ne pas voir Maggie De Block rejeter vendredi toute nouvelle discussion de la note budgétaire 2016. « Le problème, c’est que des économies extrêmement importantes ont été imposées en matière de soins de santé, sans aucune concertation. Le mieux serait de revoir les partenaires et puis de décider. Espérons que ce sera dans ce sens-là que vous allez réfléchir et agir dès demain ».

À décharge, le cabinet de la ministre Open Vld a rappelé que, puisque la proposition budgétaire n’avait pas recueilli la majorité simple des votes au Conseil général de l’Inami, l’initiative se situait désormais au niveau du gouvernement. Et si le corps médical et les parlementaires de l’opposition ont déploré les restrictions budgétaires, à l’instar du gel des dépenses pour la garde en médecine générale, « tout le monde doit apporter sa pierre à l’édifice. Les soins de santé aussi. Le point positif, c’est que ce sont les pouvoirs publics qui économisent, pas le patient et nous continuons d’investir dans nos soins de santé », a fait savoir Maggie De Block.

Après un an de gouvernement, on pensait que Charles Michel contiendrait plus efficacement l’ardeur des membres de son équipe fédérale. Mais le Permier a manifestement été débordé par sa ministre la plus populaire…

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〉 Article publié sur le site du Journal du Médecin.

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