La Belgique a attiré 3.000 médecins européens en cinq ans

Le nombre de médecins ressortissants de l’Union européenne pouvant exercer chez nous s’élevait cette année à 504, apparaît-il dans les dernières données du SPF Santé publique. Il s’agit de praticiens venant essentiellement de France, des Pays-Bas et de Roumanie. Si le mouvement migratoire décrit une baisse en 2015, cette force de travail se maintient en hausse sur les cinq dernières années.

Les effets de la législation européenne sur notre offre médicale restent difficilement maîtrisables. Depuis l’application d’une directive spécifique en 2005, tout médecin formé dans l’un des 25 pays membres de l’Union où l’enseignement est reconnu équivalent peut exercer en Belgique. En dehors des quotas imposés à nos propres diplômés par l’autorité fédérale.

Cela a poussé une parlementaire Vlaams Belang à interroger par écrit la ministre de la Santé publique sur l’ampleur du phénomène d’immigration professionnelle. La députée flamingante a ainsi demandé s’il était possible de recenser l’ensemble des médecins européens (et leur nationalité) pratiquant en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie.

« Je ne connais pas précisément le nombre de médecins ressortissants embauchés en Belgique, ni dans quelle région du pays ils exercent », a été contrainte de lui répondre Maggie De Block, avant de fournir dans sa lettre les seules données indicatives de son administration. À savoir le nombre de visas et de numéros Inami accordés à des diplômés de nationalité étrangère.

Pour pouvoir soigner sur le territoire belge, tout médecin doit obtenir un visa de conformité émis par la Direction générale des professions de la santé. Ce document valide l’équivalence du diplôme national et signifie que son détenteur a un « état physique et psychique conciliable avec l’exercice de la médecine ».

Selon les chiffres compilés par le service public fédéral, 504 médecins européens ont reçu ledit visa en 2015, contre 553 l’année précédente. La mobilité semble avoir été nettement freinée sur un an (-8,9%) mais lorsqu’on compare à 2010, le nombre a en fait augmenté de 33%. En cinq ans, la Belgique a ainsi attiré en tout 3.085 médecins ressortissants de l’UE.

Un quart de médecins français

médecins européens belgique visa 2010 2015S’il est hasardeux de tirer des conclusions de ces informations, il est toutefois intéressant de se pencher sur la répartition des visas en fonction des pays d’origine. Sur l’ensemble de ces médecins européens autorisés à travailler chez nous en 2015, on note surtout 5,4% d’Espagnols, 11% d’Italiens, 15% de Roumains, 23% de Néerlandais ou encore 25% de Français.

Il convient là aussi de souligner que ces proportions ont parfois largement fluctué au fil du temps. En 2010, notre pays enregistrait 41% de médecins roumains, pourcentage qui a donc sensiblement chuté depuis. A contrario, les déplacements en provenance des Pays-Bas et de la France ont augmenté. En 2010, la nationalité néerlandaise s’étendait à 13,3% et la française à 18,8% de cette population professionnelle.

Cela dit, si l’on rassemble les mouvements, sur les 3.000 médecins européens accumulés en cinq ans, la nationalité néerlandaise représente à l’heure actuelle 17,99%, contre 20,8% pour la nationalité roumaine et 24,3% pour la nationalité française.

À ce propos, rappelons l’existence d’un numerus clausus à l’entrée des études de médecine en France. Beaucoup de candidats tentent dès lors leur chance dans nos universités francophones où il n’y a pas (encore) d’examen pour entamer le cursus. La Fédération Wallonie-Bruxelles a d’ailleurs limité le nombre d’étudiants non-résidents à 30% par tirage au sort et interdit l’accès aux étudiants ayant échoué plus d’une fois à une première année de médecine en France. L’impact de ces mesures prises respectivement en 2012 et 2013 ne sera perceptible qu’à partir de 2018 et 2019, années de diplôme potentiel.

Seuls 50% de soignants ?

Fait notable dans les données renseignées par la ministre De Block, ces médecins ressortissants de l’UE n’étaient que 254 à disposer en 2015 d’un numéro Inami, cette fameuse suite de onze chiffres qui autorise la pratique curative et désigne les prestations entrant en ligne de compte de l’assurance maladie. Cela n’équivaut donc qu’à 50,4% des détenteurs étrangers de visa cette année, contre 61,3% en 2014 et 66% en 2013.

On y retrouve peu ou prou la distribution habituelle des nationalités : nos dispensateurs de soins européens sont en 2015 principalement Français (28,4%), Néerlandais (26,8%), Italiens (12,9%) et Roumains (10,63%).

Quant à la circulation sur base pluriannuelle, de 2010 à nos jours, la Belgique a accordé en somme 1.876 numéros Inami. Ce qui représente 6 « médecins soignants » sur dix visas octroyés à des professionnels ressortissants d’Europe.

Dans ce calcul, la population médicale venant de Roumanie se montre plus grande, à hauteur de 21,1%, que le contingent originaire des Pays-Bas (20,8%). La tête du classement reste occupée par nos voisins d’outre-Quiévrain (22,2%). Pour le détail, les médecins chypriotes (5,1%) se hissent alors dans le « top 5 » des prestataires étrangers les plus nombreux depuis 2010, devant leurs confrères espagnols (4,1%).

Concédons enfin, que tout médecin belge diplômé reste libre de quitter nos contrées pour aller, assez facilement, faire reconnaître ses qualifications professionnelles dans un autre pays européen.

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