Des geeks molenbeekois au renfort des services de secours


Canaliser et filtrer le flux des alertes pour optimiser les interventions des pompiers et des ambulanciers. Le dernier marathon des développeurs d’applications organisé par MolenGeek nourrissait de grandes ambitions. Sur la ligne d’arrivée, se sont ainsi retrouvées 4 équipes porteuses de projets. À ce point convaincants que la secrétaire d’État bruxelloise en charge de l’aide médicale urgente s’est engagée à les promouvoir auprès de ses services.

Faisabilité, pertinence de l’outil et qualité du prototype ont servi de critères pour départager les finalistes du « First aid & Emergency services Hackathon » lancé le week-end dernier par l’espace de co-working MolenGeek. Avec cet objectif ultime pour les organisateurs: voir l’une des solutions technologiques implémentée par les centrales d’urgence 112.

En amont, le Service d’incendie et d’aide médicale urgente (Siamu) avait échauffé les esprits en lançant cinq défis, tels que créer une interface d’échange intégrée dans Facebook, Twitter et autre WhatsApp. Car les premières personnes sur les lieux d’un incident ont désormais ce mauvais réflexe de photographier ou filmer avec leur téléphone avant de contacter les secours.

Une cinquantaine d’heures de codage, de web design et de pitching plus tard, place aux awards. La secrétaire d’État Cécile Jodogne (Défi) a alors remis le prix Siamu à l’équipe ayant développé l’application « Brusafe » (toute ressemblance avec le nom du coffre-fort des données médicales du Réseau Santé Bruxellois étant fortuite).

Brusafe a été conçue comme un add-on ou un plug-in aux messageries des réseaux sociaux populaires, mettant en contact les témoins ou victimes avec les services de secours. La personne impliquée peut ainsi préciser où elle se trouve, notifier le type d’incident et enrichir le signalement de contenus multimédias. Et le simple fait de récolter ce genre de données permettrait de gagner entre 4 et 10 minutes sur la réponse des secours.

Efficacité avant tout

En pratique, Brusafe ne doit pas être téléchargée mais passe par le navigateur d’un smartphone. Elle est accessible soit par un lien envoyé par SMS, par le browser ou par un bouton ajouté dans l’interface d’applications existantes. Elle s’affiche sous forme carte GPS interactive, géolocalisant automatiquement le téléphone.

Si pour une raison indéterminée, l’utilisateur veut passer en mode manuel, il lui suffit de toucher la map à l’écran, sans passer devoir noter une adresse. Quant à la nature du problème, elle a été divisée en 4 catégories : santé (icône cœur), incendie (flamme), transport (voitures embouties) et violence (silhouette armée).

L’une de ces icônes se retrouve alors punaisée sur la carte, dans un souci de simplification maximale pour l’utilisateur et de clarté pour les urgences. La personne a encore la possibilité de passer en mode « chat » propre aux réseaux sociaux pour que les secouristes parviennent à communiquer avec elle. Et ainsi bénéficier des options photos ou vidéos. Il faut pour cela que l’utilisateur introduise son numéro de téléphone.

Du côté administrateur, le centre 112 voit apparaître les icônes suivant un code couleur différent sur un même plan interactif, avec en bordure d’écran la liste des numéros de téléphone pour interagir en chat.

Perspectives réalistes

Les inventeurs ont reconnu qu’à ses débuts l’application pourrait présenter un inconvénient non négligeable, celui des fausses alertes. Mais ils le relativisent. Parce qu’ils osent croire que les utilisateurs se responsabiliseront après ce qu’on a récemment vécu en Belgique. Surtout qu’une fois que plusieurs « punaises » désignent un même incident, le faisceau d’éléments concordants valide l’authenticité du signalement.

Ensuite, le logiciel retient les adresses IP des personnes émettant des signaux d’alarme et permet d’éviter les redondances. L’administrateur peut d’ailleurs préciser à son interlocuteur de terrain que la requête est en cours de traitement. Cela permet également de bloquer l’adresse IP d’un émetteur de fausses urgences, infraction pénale contre la sécurité publique, rappelons-le, si l’intention malveillante est démontrée.

Parmi les obstacles potentiels à l’usage, notons que l’application détecte automatiquement la langue de l’appareil et s’adapte ainsi aux utilisateurs étrangers. Et quant à la problématique de la protection des données et de la vie privée, elle ne se pose pas ici puisqu’il ne s’agit que d’une déclaration d’accident.

Citons par ailleurs les trois autres groupes lauréats. Les développeurs de 112help, une web app pour rapporter des incidents moins graves, ont remporté le prix « Qwick Win » du prototype le plus facile à implémenter. L’équipe de SaveMe, une app utilisant les répertoires open data des défibrillateurs pour les cartographier et indiquer celui le plus proche, a reçu pour sa part le prix « Smart City ». Et enfin, les créateurs de Melvin, un robot conseiller en ligne, sont repartis avec le prix « Tech ».

En guise de conclusion, Cécile Jodogne a fait part de sa volonté de vanter ces travaux devant un public plus large afin de voir comment ils pourraient compléter le dispositif actuel des centralistes. « Je vais proposer que chacun des quatre projets récompensés soient présentés aux acteurs de l’aide médicale urgente et de la santé publique pour qu’on puisse envisager des suites concrètes », a affirmé la décideuse régionale.

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〉 Article paru sur lejournaldumedecin.com.

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