Le patron de la FGTB administre un hôtel 3 étoiles

 

La disconvenance prête à sourire. Marc Goblet, la figure de proue du syndicat socialiste, gère une enseigne hôtelière de renom dans la région dinantaise. Dédit des valeurs sociales ? Non, héritage du mouvement liégeois. 

Monteur de sanitaire et chauffagiste de formation, fils de syndicaliste, porte-étendard de la FGTB, Marc Goblet ne présente pas le profil typique du gestionnaire d’hôtels de standing. Pourtant, le représentant socialiste des travailleurs siège depuis mars 2013 au conseil d’administration du Best Western Hotel de Dinant. Un établissement 3 étoiles installé dans un château du XIXe, le Castel de Pont-à-Lesse, au beau milieu d’un domaine boisé de vingt-cinq hectares, où la chambre junior coûte 145 euros la nuitée.

Par ce mandat, Marc Goblet ne renie pas pour autant ses convictions pour succomber au faste de la châtellenie. Car le Castel a longuement appartenu à… la section liégeoise des métallurgistes de la FGTB. L’organe de défense des travailleurs a racheté la propriété en 1948 aux Brugman, une famille de banquiers belges d’origine allemande, pour la transformer en centre récréatif pour affiliés, le « Castel des syndicats ».

Petite parenthèse, la notion de droit aux vacances a sa part belle dans la tradition de la FGTB, Floreal Holidays en est une preuve supplémentaire. Ce regroupement de domaines de vacances appartenant à la centrale générale entend offrir des cadres de qualité à des prix bon marché. Un business social employant près de 300 personnes et affichant un chiffre d’affaires d’une vingtaine de millions d’euros.

marc goblet castel pont à lesse acte notarial
Extraits de l’acte notarial

Pour en revenir à la vie de château des syndiqués, fin des années ’80, le secrétaire général des métallos signera un contrat de franchise avec la marque d’hôtellerie Pullman, du groupe Accor. L’établissement de tourisme social sera alors reconverti en hôtel privé.

En 2005, retour aux sources, l’asbl Castel des syndicats sera absorbée par une société commerciale constituée un an plus tôt, la SA Castel de Pont-à-Lesse. C’est l’assemblée de cette société anonyme qui a nommé Marc Goblet au poste d’administrateur l’année dernière. Depuis la franchise est passée à la concurrence américaine sous l’enseigne Best Western. Mais l’homme fort de la FGTB siège toujours aux côtés, notamment, d’une représentante permanente de la Sogepa, d’Alain Thirion, trésorier de Solidaris, ou encore du secrétaire général des mutualités socialistes de Liège, Pierre Annet.

Reste à savoir si Marc Goblet et les autres membres de la fédé profitent de quelques gracieusetés au château.

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Mise à jour du 15 avril 2016

Chers internautes, comme souvent à l’annonce de grèves et autres actions du genre, ce billet réapparaît en partages sur Facebook. Mais suite au pic de trafic enregistré hier, une mise à jour s’imposait.

Au risque de décevoir les improbateurs du syndicat socialiste, Marc Goblet a remis sa démission depuis maintenant près d’un an. L’assemblée générale du Castel en a pris acte le 29 mai 2015 et a directement nommé un remplaçant. 

geoffrey gobletQui n’est autre que son fils, Geoffrey Goblet. « Une formalité », nous assure-t-on, « à partir du moment où Marc devenait responsable au niveau fédéral, techniquement, il n’y avait plus de raison qu’il exerce ce mandat lié à la centrale liégeoise ».

Bref, Goblet Junior, président de la régionale Liège-Huy-Waremme, achèvera ainsi le mandat de son père venant à expiration en mai 2019.

Certains s’étonnent encore de retrouver au conseil d’administration des responsables mutualistes ou des opérateurs extérieurs tels que Namurinvest ou Sogepa. Pourtant, on ne peut pas dire que cet hôtel soit aussi opaque qu’une société offshore panaméenne.

Avec publication normale des comptes, contrôle auprès de réviseurs d’entreprises, et PricewaterhouseCoopers qui passe le tout au crible, on semble loin des montages financiers reposant sur de la simple camaraderie socialiste. Par contre, les gestionnaires ne s’en cachent pas: « on est souvent à la corde en termes de résultats d’exploitation ».

La FGTB resterait d’ailleurs « une cliente comme les autres ». Et à la Centrale liégeoise, il serait même rarissime que les membres se rendent au château qui organise aussi formations et séminaires. « Et quand c’est le cas, c’est au prix du marché ».

Alors si toute l’histoire du Château dinantais de la FGTB vous intéresse, des origines jusqu’aux derniers rebondissements –abandon de la franchise Best Western par exemple– signalez-le moi, en commentaire, par mail ou via les réseaux.

Si vos demandes abondent, j’ai de quoi vous concocter un article nettement plus consistant sur ce cadeau d’un nobliau à sa maîtresse devenu fardeau de proprios antibusiness…

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Des questions, remarques ou suggestions ?
N’hésitez pas à me contacter par mail en cliquant ici
et sur les réseaux sociaux via @francois_remy ou francoisremy

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